FINE ART
Magali Masselin
Les œuvres présentées sont des aperçus de séries, parfois des détails. La collection sera dévoilée courant du printemps 2026 à Paris.
Peinture
Peintures à l’huile réalisées sur toile de lin, privilégiant les grands formats et une matière riche.
Dessins
Dessins préparatoires et œuvres autonomes au graphite, à l’encre ou aux techniques mixtes.
Pastels
Travaux au pastel sec mettant l’accent sur la lumière, les textures. Une technique permettant une approche d’une grande intensité chromatique dans les paysages.
Portrait
Chaque portrait cherche à révéler une présence, une histoire, une singularité.
« Mon atelier est un lieu de travail vivant, que j’ouvre ponctuellement aux collectionneurs.
J’y présente une sélection resserrée d’œuvres issues de séries identifiées, dans des conditions proches de leur création.
Chaque pièce est unique, documentée, et s’inscrit dans une recherche au long cours.
Les visites se font sur rendez-vous, dans un temps d’échange et de regard. »
Les mythes à l’heure d’aujourd’hui ?
Ce que je peins, c’est la tension d’être vivant — ce corps qui s’accroche, qui refuse de céder, qui cherche encore une issue vers la lumière. Dans cette friction entre matière et souffle, quelque chose s’arrache, s’élève, persiste. Ce que je peins, c’est ce moment suspendu entre la chute et la résurrection : le combat silencieux de la vie qui veut encore durer.
Les douze travaux d’Hercule
En reprenant les formes fondatrices de l’Antiquité et de la Rome Républicaine, mon travail ne les célèbre pas comme un héritage clos et loin du modèle, mais les met en tension : en féminisant l’héroïsme, en fragilisant la victoire, et en confrontant l’ordre antique à la complexité contemporaine, j’interroge ce que ces modèles continuent — ou pas — de fonder aujourd’hui.
À travers ma peinture, je mets en lumière l’individu face à un monde en mutation, et célèbre sa capacité à s’adapter, à se transformer et à évoluer sans renoncer à son intégrité. À travers cette traversée intérieure, parfois exigeante, se révèle une force de résistance créatrice, où l’adaptation devient un acte de conscience et de fidélité à soi.
Un endroit cependant fragile tenu dans un juste équilibre. Comme les espèces qui, au fil des millénaires, ont dû se transformer pour faire face aux bouleversements de leur environnement — elles plient sans se rompre, se métamorphosent sans perdre leur essence, inventent de nouvelles façons d’exister, développe de nouvelles formes, invente d’autres stratégies de survie, parfois même renonce à certaines aptitudes pour en acquérir de nouvelles.
Ainsi, chaque figure créée devient une allégorie de cette adaptation essentielle : une danse fragile entre continuité et transformation, héritage et invention, instinct de préservation et désir de liberté.
Le poids de l’incarnation
Une humanité arrimés à une matière qui les absorbe autant qu’elle les porte, comme si la Terre elle-même les retenait dans son souvenir. Cette corporéité n’est pas héroïque, elle est lourde, vulnérable, contrainte, soumise à la gravité du vivant.
La fusion des figures évoque moins l’étreinte que la nécessité d’exister ensemble, dans une dépendance presque organique. Aucun corps ne tient seul : chacun est à la fois soutien et fardeau. Cela dit quelque chose de la condition humaine comme destin collectif.
La matière craquelée agit comme une peau ancienne : elle n’est pas un décor mais une mémoire minérale, une Terre fatiguée qui imprime sa marque sur les corps. Les chairs claires semblent tenter une remontée, un souffle, mais restent prises dans ce limon primordial, comme si toute naissance était déjà marquée par l’épuisement du monde.
C’est une image où l’humain n’est pas au-dessus de la Terre mais issu d’elle, façonné par elle, et condamné à y retourner, dans un cycle de chute, d’émergence et de recommencement.
Peinture de la fondation en crise
Quelques détails de la série
Ci-dessus, la statut de la République, Place de la République à Paris, repensée… Série de 4 pièces.
Je soumets l’Antique et les Lumières à l’épreuve du présent. Le corps antique n’est plus un corps victorieux, mais un corps éprouvé, en lutte, ils ne triomphent jamais pleinement. L’héroïsme comme tragique et coûteux. La République, fondée à la base, sur cette autonomie intellectuelle inspirée des Lumières : « Aie le courage de te servir de ton propre entendement » afin de prendre garde à l’obéissance aveugle, au dogme ou à l’autorité sacrée…
Faire appel à des techniques ancestrales aujourd’hui c’est réintroduire le travail de la main relié au cerveau, c’est accepter une temporalité décalée à celle d’aujourd’hui. C’est aimer la contemplation, la réflexion, l’introspection, c’est accepter cet état de fait. C’est alors nager à contre courant, c’est se confronter à ce que la création révèle, ce qu’elle exige et ce qu’elle nous renvoie de nous-mêmes.
Peindre en s’inspirant des grands Maîtres c’est faire appel à la mémoire de nos cellules qui ont su s’adapter pour sublimer et traverser des temps de mutations extrêmes.
Anciens ou contemporains, Jacques-Louis David, Pierre PaulRubens, Frank Frazetta, Théodore Géricault, Lucian Freud, Rembrandt, Odd Nerdrum, El Greco, Gustave Moreau, Eugène Delacroix, Steve Huston… aujourd’hui pour moi ce sont les racines, les valeurs qu’ils portent ou qu’ils portaient. C’est aussi leurs tiraillement à vif, leur esprit révolutionnaire, engagé, forme d’intrication du meilleurs et du pire, du beau et du cru, de l’excellence et de la désinvolture. C’est l’endroit où je n’oublie pas d’où je viens pour m’adapter aujourd’hui et rester debout envers et contre tout.
Danse et peinture
































